Signez la pétition “Pourquoi Pierre Ménès doit partir” en cliquant ici.

«Le foot, c’est quand même un sport de mecs […] et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt.» Pierre Ménès, 2013

C’est tout de même une drôle d’époque. Fin 2020, l’humoriste Sébastien Thoen est licencié de Canal + après un sketch parodiant une émission de CNews (qui appartient au groupe Bolloré). Quelques mois plus tard, le commentateur Stéphane Guy est remercié à son tour, pour avoir apporté son soutien à M.Thoen.

Il parait donc, qu’il est interdit de critiquer les chaînes du groupe Canal. Cependant, le sexisme est autorisé. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’il est encouragé. Parce qu’effectivement, quand on contracte un personnage comme Pierre Ménès, c’est pour faire le buzz. Après tout, il l’a dit lui-même, dans la séquence censurée (préférable au mot coupée dans ce contexte, soyons honnête), du documentaire “Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste“, réalisé par les journalistes Marie Portolano et Guillaume Priou. Parce que oui, aujourd’hui encore, les analyses et commentaires dérangeants, sexistes et même racistes d’un type comme Ménès font rire certains. C’est bon pour l’audimat, non ? Après tout, l’argent et le buzz passent avant le respect de l’autre, parait-il.

Dire d’une fille qu’elle est jolie avec son décolleté, moi je trouve ça plutôt gentil

Les casseroles et dérapages de Pierre Ménès sont nombreux. Mais le pire dérapage, c’est peut-être sa défense, lors de cette fameuse séquence coupée au montage et diffusée lundi 22 mars 2021 sur Touche Pas à Mon Poste. Face à Marie Portolano, le chroniqueur reste fidèle à lui-même, ne comprenant peut-être pas qu’il s’enfonce profondément dans le sable. “Si on ne peut plus rien dire à une femme parce qu’elle est une femme… Ça c’est sexiste et c’est insupportable. Dire d’une fille qu’elle est jolie avec son décolleté, moi je trouve ça plutôt gentil”. Et le chroniqueur de rajouter en s’adressant directement à Portolano“. D’ailleurs, je remarque que tu m’as pas gâté aujourd’hui niveau décolleté hein”. La journaliste l’interroge sur un moment hors antenne où Pierre Ménès aurait soulevé sa jupe devant le public, mais ce dernier ne s’en souvient pas (mensonge pur, ou mémoire sélective ?). Il affirme ensuite à sa victime qu’il le referait sans problème.

Et comme s’il ne pouvait pas faire pire : “Pourquoi, ça t’a humilié ? Ah… j’en suis désolé…Mais il faut aussi prendre les gens comme ils sont. J’ai été embauché parce que je suis un personnage, je ne joue pas un personnage. J’ai été embauché pour ça. Je t’ai peut-être soulevé la jupe, je ne m’en souviens pas“.

Présent sur le plateau, Pierre Ménès tente de s’excuser pour son comportement avec des “Je n’étais pas dans mon état normal“, ou encore les fameux “Ce que je pouvais me permettre il y a cinq ou dix ans, je ne peux plus le faire”. Bref, une nouvelle séquence qui montre tout le chemin qu’il reste à faire pour certain, en 2021, et pourquoi d’ailleurs il ne faut plus laisser une chance à ce genre de personnage de s’exprimer en public.

Car effectivement, Pierre Ménès, il a déjà eu sa seconde chance. D’abord lors de l’entretien avec Marie Portolano. Ensuite, sur le plateau de TPMP. Et avant, toutes les fois où il a dérapé sans s’excuser, embrassant de force des femmes sur un plateau, où traitant les sportives de “grosses dondons trop moches pour aller en boîte le samedi soir”. 

Alors, la question qui se pose reste assez simple : si l’on peut licencier des journalistes pour auto dérision envers un groupe et soutien à un collègue, pourquoi ne peut-on pas licencier pour bien pire : harcèlement sexuel, harcèlement moral, agression sexuelle et sexisme ?

Connor Owens